Un an après… Quel constat fait-on de la discrimination à l’embauche ?

Il y a un an aujourd’hui, était publiée la tribune #JeNeSuisPASunCV ! Et plutôt que de souffler une bougie,, on a voulu faire un état des lieux du recrutement en France, et particulièrement de la discrimination à l’embauche. Ouvrons le dossier.

Tic tac tic tac, c’est l’heure du bilan.

Nous sommes très enthousiastes à l’idée que ce projet puisse toucher et accompagner de nombreux profils. Tant d’un point de vue recruteur que du côté des candidats, l’initiative de #JeNeSuisPASunCV a réussi à séduire une population très diverse à travers un objectif commun : la lutte contre la discrimination à l’embauche.

Mais l’engouement avec lequel ce projet fut accueilli traduit bel et bien l’existence d’un fléau discriminant qui touche une partie de la population. Et malgré les nombreuses démarches positives qui ont éclos ces dernières années, force est de constater que rien n’a changé. La discrimination à l’embauche existe toujours.

Non, ce n’est pas un problème isolé ou anecdotique. C’est un enjeu de société qui a des répercussions très concrètes sur la vie de chacun.

La bonne nouvelle, c’est que chaque problème mène à une solution. Et que lutter contre la discrimination à l’embauche, c’est permettre à tous les talents de s’exprimer, de se développer et d’accéder à l’emploi quel que soit leur profil.

Le serment d’hypocrite.

Le saviez-vous ? Plus d’un français sur deux (61%) a déjà été confronté à la discrimination dans sa carrière, et ce chiffre monte à 80 % chez les moins de 35 ans. Dans le domaine du travail, il y a encore beaucoup de chemin à faire pour éradiquer la discrimination à l’embauche. L’étude mené par l’Ifop en 2021 nous en apprend un peu plus sur les critères de discrimination à l’embauche :

  • Être une femme : 23% des femmes ont déjà été victimes de discriminations lors d’un entretien d’embauche.
  • Être une femme et avoir des enfants : 14% des interrogés ayant des enfants ont fait l’objet de remarques désobligeantes.
  • Adhérer à une religion : 52% des musulmans, 21% de protestants, 19% de catholiques ont déjà été victimes de discrimination lors d’un entretien d’embauche.
  • Avoir une origine géographique : 9% des candidats ont subi des discriminations à l’égard de leur pays d’origine.
  • Avoir un accent : 8% des interrogés ont fait l’objet de propos déplacés.
  • Être homosexuel : 10% des homosexuel(le)s ont déjà subi des discriminations lors d’un recrutement.
  • Adhérer à un parti politique : 40% des candidats appartenant à un parti politique déclarent avoir déjà fait l’objet de discriminations.
  • Être trop jeune : 34% des candidats de moins de 30 ans ont déjà subi des discriminations vis-à-vis de leurs âges.
  • Être trop vieux : idem pour 18% des seniors.
  • Être handicapé : 27% des interrogés en situation de handicap déclarent avoir été victimes de propos inappropriés.

A première vue, on pourrait croire à un “Qui est-ce” version discriminatoire, mais c’est en réalité une loterie récurrente des processus de recrutement.

Ces chiffres alarmants ne doivent pas nous faire baisser les bras. Bien au contraire, ils doivent nous amener à agir un peu plus pour lutter contre la discrimination à l’embauche !

Le marché du travail nous tire…

Pour nous pousser vers le bas.

C’est le constat qu’a fait l’association SOS Racisme lors d’un testing téléphonique. Le résultat est sans appel : 45% des agences d’intérim interrogées acceptent de discriminer les travailleurs étrangers ou « non européens » suite à la demande d’une entreprise.

Pour lutter contre ces inégalités, l’association SOS Racisme a décidé de porter plainte contre 10 agences d’intérim sur le territoire français. Cette action permettra peut-être de sensibiliser les agences d’intérim et de faire évoluer les mentalités. Mais elle ne suffira pas à changer la donne.

Le code du travail est très clair : Il est interdit de recruter ou de licencier un salarié en raison de son origine, de son genre, de sa situation familiale ou de son état matrimonial, de ses mœurs, de ses activités syndicales ou politiques, de ses opinions religieuses ou philosophiques, de son apparence physique, de son patronyme, de sa nationalité ou de l’un des caractères mentionnés à l’article L. 1132-1 du code du travail.

[r]évolution du travail.

Pour que les choses changent, il faut changer les codes. Pour ça, commençons par le CV. 

On pourrait d’abord croire en un document tout à fait innocent qui résume votre expérience professionnelle, vos études et vos compétences pour permettre aux employeurs de déterminer si vous êtes qualifié(e) pour le poste qu’ils proposent. Mais très vite, on s’aperçoit qu’il est le fer de lance des discriminations à l’embauche

Alors, comment y remédier ?

Le recrutement sans CV, c’est un moyen de lutter contre la discrimination à l’embauche. Avec #JeNeSuisPASunCV, les recruteurs peuvent facilement sélectionner les candidats qui correspondent le mieux au poste à pourvoir, sans se laisser influencer par des critères discriminants. 

Et vous, vous êtes-vous déjà demandé ce que vous faites de concret pour lutter contre la discrimination à l’embauche ? Nous, on vous le demande. A vous de nous le montrer.

Cher(e)s candidat(e)s, chères entreprises, Il est temps de créer vos propres opportunités.

Voilà. Il y a un an aujourd’hui, était publiée la tribune #JeNeSuisPASunCV! Et plutôt que de souffler une bougie, nous préférons poursuivre nos efforts pour que puisse persister la lutte contre la discrimination à l’embauche, à vos côtés.